'Déjà essayé. Déjà échoué. Peu importe.
Essaie encore. échoue encore. échoue mieux.’

Samuel Beckett, Cap au pire, 1982

Cette citation de S.Beckett illustre et résume tous les enjeux de ce travail plastique. Dans un questionnement perpetuel sur la notion de l’artiste, son travail pose la question de la tentative, de la répétition et de l’échec dans la création artistique. Il revendique l’expérience du jeu, de l’ennui créatif ainsi que de l’absurde et du banal.

C’est de manière acharnée qu’elle cherche à scruter les confins du médium photographique pour en traquer ses possibilités et ses limites, ses paradoxes et ses manques. L’espace d’exposition ainsi que son appartement sont ses deux terrains de prédilection .

Sa pratique plastique s’accompagne presque toujours du langage. Mots ou phrases disséminés dans le travail au travers de légendes, cartels, posters..Les mots offrant la possibilité d’être critique, de pointer l’absurdité de certaines situations, d’être ironique ou encore de détourner les images. Influencée par la littérature, les mots qu’elle emploie sont la plupart du temps des réappropriations empruntées à des écrivains.

C’est un travail mental qui pose la question de la représentation du monde en étant enfermé . L’artiste ne travaille pas en série mais par pièces uniques qui trouvent écho et cohérence dans l’espace. Chaque pièce découle généralement d’une intuition, d’une impulsion ou d’une obsession. Son travail tend en permanence vers la réitération d’un même matériau, d’un même mot ou d’une même phrase sous différents médium.

Elle ne se considère pas comme photographe (elle utilise la photographie) tout comme elle ne se considère pas comme écrivain (elle utilise le langage).